Discours de Daniel Favre

[…] Le premier succès [de Défense du français] qui nous a réjouis fut le retour de la dénomination «annuaires téléphoniques», les bottins étant devenus «Directories». Retenons aussi le postulat de 2004 de Didier Berberat s’en prenant à quantité d’appellations des instituts et offices fédéraux devenus Fedpol, Finweb, Swissmedic. Il redoutait même que le Conseil fédéral ne devienne «Federal Executive Commitee»! A quoi le Gouvernement a répondu qu’il avait créé un groupe de travail, qu’il regrettait de ne pas pouvoir éradiquer toutes les appellations « exotiques » et qu’il restait des zones grises.

Par la suite, nous avons reçu la lettre de Ulrich Gygi, alors Directeur général de La Poste nous informant qu’il renonçait à baptiser toutes les boîtes aux lettres de «PostMail», les retirait et modifiait le logo. Après de nombreuses discussions autour du «Djeniva Palexpo», la dénomination officielle devenait «Palexpo, Genève» et le site voisin dévoilait en 2011 sa nouvelle enseigne pour «L’aéroport international de Genève». Son président François Longchamp déclarait que «La mode des noms aux consonances anglo‐saxonnes est passée».

A Genève, en 2008, un vote donnait le feu vert à la création d’une constituante chargée de repenser la charte fondamentale du canton. Nous nous sommes immédiatement manifestés en proposant un article inspiré de la nouvelle loi jurassienne sur l’usage de la langue française. Après avoir franchi tous les débats, lectures et relectures, notre proposition a figuré dans le texte largement adopté par le peuple le 14 octobre 2012. Ainsi l’art 5.2 précise : « L’Etat promeut l’apprentissage et l’usage de la langue française. Il en assure la défense ».

Il reste toujours davantage de pain sur la planche. Les multiples lettres adressées aux grandes surfaces commerciales n’ont que peu d’effets. De temps à autre, un changement survient jusqu’à l’arrivée d’une nouvelle équipe de marketing. Et tout est à recommencer.

Notre président a réussi à convaincre Mme Evelyne Wider‐Schlumpf d’exiger des douanes qu’elles suppriment la mention «Border Guard» sur les vedettes du Léman. En revanche, depuis 10 ans, nous amusons la galerie avec «Swiss mint» qui n’est pas une pastille à la menthe, mais l’entreprise fédérale chargée de la frappe de la monnaie !

Daniel Favre

Académie des écrivains publics de Suisse