AG printemps 2013

 

Article paru dans La Liberté le 23 avril 2013
INTERVIEW EXPRESS : L’écrivain public  répond à un besoin

ERIC NUSSLÉ
L’Académie des écrivains publics de Suisse (AEPS) a tenu samedi son assemblée de printemps à Fribourg. Une dizaine de personnes y a participé. L’AEPS a accueilli un nouveau membre, valaisan. La preuve, selon le vice‐président Eric Nusslé que le métier d’écrivain public est encore bien vivant.
Peut‐on encore être écrivain public à l’ère d’internet?
Tout à fait. Simplement, nous avons troqué la plume d’oie, voire la machine à écrire, contre un ordinateur. Mais les problèmes d’écriture restent. Il existe des personnes pour qui, quelle que soit leur culture, il est difficile de devoir rédiger certains courriers. Elles préfèrent donc s’adresser à un professionnel.
Qui sont vos clients? Quelles tâches vous confient‐ils?
Ce sont des gens qui maîtrisent mal le français ou qui, sous le coup d’une émotion, souhaitent une rédaction dépassionnée. Ou alors ce sont des personnes en mal de temps. Nous ne rédigeons pas seulement des courriers mais aussi des discours, des mémoires, des histoires de vie, des poèmes, des traductions. Chacun a sa spécialité. Nos clients sont avant tout des particuliers, de tous milieux sociaux. Nous traitons souvent avec eux par courriel. L’écrivain public n’est plus un type dans la rue avec son parasol, son tabouret et son écritoire.
Pour les membres de l’AEPS, être écrivain public, c’est une activité professionnelle à plein‐temps?
Non. En général, il s’agit d’une activité secondaire. S’il y avait des écrivains publics millionnaires, ça se saurait. Aucun d’entre nous ne vit de sa plume. Les membres de l’AEPS sont des personnes qui ont cessé leur activité professionnelle. Il y a par exemple une mère au foyer disposant d’une bonne formation et pratiquant son art à domicile, ou des indépendants qui font cela à côté de leur profession, par goût de l’écriture. Personnellement, je suis aussi généalogiste et héraldiste.
Pourquoi les écrivains publics ont‐ils ressenti le besoin de former une académie?
Pour partager nos expériences et nos connaissances, ainsi que pour garantir une certaine éthique, une certaine qualité de prestation. De nos jours, on voit de la publicité pour des écrivains publics qui contiennent des fautes d’orthographe dans leur libellé. Cela ne va pas!

Propos recueillis par FM

Académie des écrivains publics de Suisse